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Claude Dugit-Gros

1988, France

Résidence Tempête
Résidence qui décentre le regard, sur un territoire isolé battu par les vents et les houles.

NOVEMBRE 2025
Ouessant - nomadic projects

Pierre de Tonnerre
un film de Claude Dugit-Gros (en cours de réalisation)
imaginé avec Elie Godard


De toutes les superstitions qui se rattachent aux mégalithes, dans la culture bretonne celle des pierres de tonnerre, ou pierres de foudre racontent que après l’orage, on retrouve dans la campagne d’étranges cailloux qui seraient tombés du ciel et que les habitants récupèrent soigneusement et conservent comme talismans.
Aussi appelées céraunies, ou men kurun (en breton) elles ont une forme ou un aspect singulier, et sont transformées en pierre dans le sol sous l’action du temps ou de la foudre. Jadis, les gens mettaient les pierres de tonnerre dans leurs poches quand le temps était à l’orage ; et s’il tonnait, ils récitaient une oraison en l’honneur de la pierre. En voici une qui parfois se dit encore : Pierre, pierre, Garde-moi du tonnerre.


Synopsis
Le film est un docu-fiction muet et musical qui se déroule sur l’Ile d’Ouessant. Les images mettent en scène un personnage qui prend soin de son environnement, avec de modestes actions qui semblent toutefois provoquer des phénomènes visuels ou sonores.
Il ressent les forces telluriques des puissants paysages qui l’entourent. Il n’est pas doué de parole mais il sait chanter, il est attentif aux signes, met en place les conditions de leurs apparitions. Il essaie de résoudre une énigme qui pourrait bien se loger à l’intérieur de lui. Le rapport à son environnement est à la fois contemplatif et sensoriel. Les irruptions du surnaturel qui interfèrent avec son quotidien, sont nourries d’un mélange de croyances magico-religieuses, reflétant la richesse de la culture bretonne. Les scènes sont inspirées des mythes, coutumes et histoires locales, et librement réinterprétées dans une vision poétique et burlesque.


Contexte du tournage
Invitée en résidence par le centre d’art insulaire Finis Terrae l’hiver dernier, je me suis prêtée au jeu créer un projet en résonnance avec le contexte de l’Ile d’Ouessant où j’avais déjà séjourné plusieurs fois puisque mon meilleur ami Elie Godard y habite depuis quelques années. Ce fut pour
moi une expérience que de décaler mon regard pour ce lieu que je fréquentais plutôt lors de séjours estivaux. L’ambiance hivernale et hors saison touristique fut très différente de ce que je connaissais déjà. La lumière d’hiver y est très puissante, et les phénomènes météorologiques amplifiés : tempêtes, nuits de pleine lune, arc-en-ciel, étoiles filantes, aurores boréales, le ciel occupe une place importante dans la vie quotidienne, on est sans cesse plongé dans les éléments qui parfois donnent la perception que les choses sont irréelles. J’avais emporté avec moi une caméra et j’ai eu spontanément l’envie de faire des images, sans écriture au départ. Puis naturellement et puisque mon ami était avec moi, j’ai commencé à le filmer et il est devenu le personnage principal de mon film. Nous avons imaginé des scènes au gré des aléas et des contraintes de la météo.
L’aspect documentaire du film tient au fait qu’il est un portrait de cet ami, que je suis dans son quotidien plus ou moins mis en scène.
Les images du film ont été tournées avec un appareil photo et une mini-caméra, ce dispositif léger m’a permis une grande liberté d’action pendant le tournage où la majorité des scènes se déroulent en extérieur mais également de capter une certaine intimité de la vie du ‘personnage’.


Ce film sera un film avant tout musical.
Imaginée en collaboration avec l’artiste musicien.ne Franky Gogo, la composition sonore sera réalisée en studio. Il n’y a aucune prise de son direct, le caractère artificiel de la reconstitution des sons d’ambiances permettra d’accentuer le côté surnaturel et onirique de l’environnement du personnage.
Il permettra également de matérialiser ce que l’oreille ne peut habituellement pas entendre : le son de la lumière, une prière intérieure, le battement de coeur d’une roche etc.
Les sons d’oiseaux seront des sons éléctroniques, le vent produira des notes musicales qui annonceront la scène finale du film où le personnage se met à chanter. Composée spécialement pour le film la chanson de Franky Gogo (dont la démo est audible dans les extraits de la bande annonce), promet d’esquisser une réponse à l’énigme qu’il tente de résoudre sous la forme d’une prière : il se souvient que, à sa naissance, il était doué du savoir mais a tout oublié, il se met à redécouvrir le monde, avec sa sensibilité, ses mains, ses yeux et ses oreilles.

Une résidence soutenue par la Drac Bretagne, la Région Bretagne et le Département du Finistère.
Remerciements : Elie Godard et toute l’équipe de Finis terrae.