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Collectif ferale

France

Résidence tremplin à Kervahut, pays Bigouden

JUILLET 2026
Le continent

collectif ferale : Coline Dupont, Raphaël Muller et Anthony Beaujouan

Nous avons souhaité consacrer notre résidence à Kervahut à l’écriture, à la réalisation et à la captation d’une performance.
Depuis plusieurs années, la fonderie (bronze, laiton, aluminium) traversait notre pratique collective. Elle en était à la fois le socle et le langage : un ensemble de gestes et de temporalités que nous cherchions alors à déplacer vers une forme performative. Mettre en scène une fonderie, c’était rendre visibles ses tensions, ses attentes, ses métamorphoses. Nous avions imaginé la résidence comme un diptyque. Les premiers jours étaient consacrés à la construction : façonner des outils, préparer les moules, écrire la trame de la performance. Il s’agissait d’entrer en dialogue avec Kervahut (son plan d’eau, ses sols, ses ressources) d’y prélever des matières (argile, sable, végétaux) et des récits, afin de nourrir une écriture située, poreuse à son environnement.
Dans un second temps, les formes ont émergé : costumes, présences, espaces. La performance a progressivement pris corps, jusqu’à sa captation, pensée non comme une simple trace, mais comme une extension du geste, une autre manière de faire circuler l’expérience.
Afin d’accompagner cette étape et de prolonger la performance par une forme audiovisuelle, nous avons fait appel à Margaux Germain, artiste vidéaste. Son regard et sa pratique nous ont permis de penser la captation non comme une simple documentation de la performance, mais comme une forme à part entière, venant prolonger et déplacer le travail réalisé au cours de la résidence.
Ce projet a également été une manière de nous affirmer en tant que collectif, habité·es par les techniques de la fonderie, mais désireux·ses d’en déplacer les cadres, d’en ouvrir les usages et d’en éprouver la dimension sensible et relationnelle. La performance a ainsi été envisagée comme une forme vivante, appelée à se transformer et à se rejouer ailleurs, au contact d’autres lieux et d’autres matières.

travail individuel de Coline Dupont

Un temps de résidence individuel a également été prévu pour me permettre de poursuivre mon projet photographique et éditorial vernale.
Cette deuxième édition de vernale s’est développée autour de la question de l’après-tempête : ce qui demeure, ce qui résiste, ce qui flanche ou s’effondre. En lien avec les paysages de Kervahut et de ses alentours, j’ai poursuivi une recherche photographique autour des « soupes de film », un procédé de modification chimique des négatifs à partir d’ingrédients prélevés dans les lieux mêmes où les images sont réalisées.
Le paysage est ainsi devenu à la fois sujet, matière et matrice de l’image. Les éléments glanés dans les environs ont été utilisés pour composer les soupes photographiques, permettant au lieu de laisser directement son empreinte sur les négatifs. Les arbres renversés, les traces de passage et les formes laissées par les vents ont nourri une réflexion autour des transformations du paysage, de la fragilité des équilibres et de ce qui persiste après la rupture.
Dans ce travail, il ne s’agit pas seulement de documenter un paysage ou d’en conserver une trace, mais de laisser le lieu agir sur les images et sur leur forme. La photographie devient alors un espace d’expérimentation où les matières, les gestes et les transformations du territoire peuvent se rencontrer. La soupe réalisée à partir d’éléments récoltés dans le paysage prolonge cette démarche, elle permet au lieu de participer physiquement à la fabrication de l’image et d’en déplacer les contours.

Résidence accueillie par le fonds de dotation Kervahut et soutenue par la Drac Bretagne et la Région Bretagne dans le cadre du dispositif Aide à l’accompagnement des jeunes artistes pasticien.nes en Bretagne.